Épilogue
Rédiger sa propre épitaphe
* Soixante-seize ans après sa disparition, l'explorateur français Raymond Maufrais a été officiellement déclaré mort mercredi par le tribunal judiciaire de Cayenne. Dans ses carnets, retrouvés en avril 1950 dans un abri de fortune, il décrivait dans ses dernières pages la faim et la maladie, et le moment où, à bout de forces, il a dû abattre et manger son chien.
Pure coïncidence ou belle synchronicité, le jour même de cette déclaration officielle : mercredi 18 mars 2026, il y a deux semaines, nous quittions la Guyane pour rentrer en Europe après un séjour d’un mois marqué par de nouvelles rencontres et ….beaucoup de pluies. Quelques jours avant notre retour, nous avions acheté dans la charmante librairie de Rémire : « Case à bulles » , un livre reprenant tous les écrits de Raymond Maufrais, ses reportages confiés à des amis avant le grand départ sur l’Inini , en amont de Maripasoula , et ses derniers écrits, deux carnets retrouvés à Degrad Claude, non loin de la source de la crique Tamouri qui devait le mener à Camopi.
Le personnage de Raymond Maufrais a toujours incarné pour moi, depuis mon premier contact avec la Guyane en 1973, l’archétype de l’aventurier en mal d’absolu, de l’homme européen face à une nature vierge, impitoyable, source de rêves, de destins héroïques: l'Amazonie.
* Article en cours de montage, je relis ses notes,...je suis stupéfait par la force qui le poussait, par son enthousiasme extraordinaire alors même qu'il n'avait pratiquement aucune chance de survivre à son projet ! Bienheureuse insouciance de la jeunesse, il n'avait pas 24 ans lorsqu'il a disparu !
Incohérences totales entre le but de sa mission ( rejoindre le massif des Tumuc Humac qui marque au sud la frontière avec le Brésil)et le parcours qu'il a tenté de réaliser ( remonter la Mana , rejoindre Maripasoula et emprunter le " chemin des émerillons". Il n'avait pas le dixième du financement nécessaire pour une telle mission.. il a pu se joindre à une mission officielle qui remontait la rivière Mana ( surnommée la rivière aux 99 sauts ( rapides) .. résultat épuisement total et la mort avant même de commencer son exploration du massif des Tumuc Humac! Avec un financement correct il aurait affrété une pirogue et des piroguiers sur l'Oyapok jusqu'à " Trois sauts " proche des Tumuc Humac et ensuite continué seul à pied vers le Brésil...il avait alors quelques petites chances de réussir !
Les liens vers des vidéos, ci-dessous résument fort bien ce qui était le moteur de sa courte vie!