Le 9 mai 2026, de passage à Paris, je suis interpellé par l’annonce d’un « marathon des orgues » organisé par l’association Le Paris des orgues, une petite foulée dans le 9° arrondissement.
La première étape commençait à l’Eglise de la trinité, une tribune d’orgue sur laquelle règne encore l’ombre d’un jeune homme qui l’a fréquenté pendant soixante ans de ses 23 ans jusqu’à sa mort en 1992: Olivier Messiaen!
J’ai le souvenir d’être passé devant cette église au début du printemps 1992, d’y être entré et d’avoir vu dépasser à la tribune de l’orgue, une grande gerbe de fleurs blanches. Je connaissais déjà bien l’orgue, on y parla beaucoup, trop même, au détriment de l’instrument ! Je sortis dépité, frustré, pour aller d’un pas rapide quelques centaines de mètres à l’est vers la prochaine étape : l’église Notre Dame de Lorette et , miracle, ce fut la « Cour d’amour » !
Au 18 rue de Chateaudun, Paris 9°, il y a en effet cette église, ni grande, ni petite dans son contexte urbain, planté là telle un temple grec, somptueusement décorée á l’intérieur par le magnifique plafond à caisson de sa nef centrale.
Au 18 rue de Chateaudun, il y a un des premiers orgues du facteur Cavaillé-coll, son quatrième, livré le 22 octobre 1938! Nous ne l’avons même pas vu car il était partiellement bâché pour le protéger de la poussière de petits travaux en cours….et pourtant lorsqu’il s’est éveillé sous les doigts de l’organiste ce fut un ravissement !
Il chante, emplit l’espace avec délicatesse, avec une confortable plénitude , s’adaptant parfaitement à l’édifice qui l’héberge, donnant immédiatement une
sensation éminemment agréable à l’heureux élu qui lui fait sa cour…
Au 18 rue de Chateaudun, il y a le serviteur, l’intercesseur de cet orgue, la grande Marie-Ange Leurent qui le fait chanter, qui l’enchante depuis ses 22 ans , en 1977, par sa délicatesse, sa douceur, sa maitrise de l’instrument et de son art.
Je l’ai chaleureusement remerciée pour le cadeau qu’elle nous avait fait, de sa délicate petite chaconnette, quasi une berceuse et j’ai repris alors d’un pas soudain plus léger, mon périple parisien !
Le promeneur du neuvième









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