lundi 20 avril 2026

Prendre du recul

 


A la veille de ses 80 ans, Yehudi Menuhin gardait une foi inébranlable dans le pouvoir salvateur de la musique et de l'art. Les plus sévères railleront une naïveté indécrottable, les plus indulgents loueront un idéalisme sans faille. 

Rarement la vie d'un artiste fut si fortement habitée par le sentiment d'une mission à accomplir. A 9 ans, son professeur de français lui causa un choc terrible en déclarant: «Mon petit, tant qu'il y aura des hommes, il y aura la guerre.» Depuis ce jour, Yehudi n'a cessé d'utiliser son archet et son violon comme arme de la paix. «Je suis convaincu que la musique peut rapprocher les hommes et les guérir.» 

À l’opposé de cette approche, les grands médias du monde, les infos de chaque minute, relayées par des myriade de satellites de télécommunication, s’obstinent à nous faire voir le monde par le petit bout de la lorgnette, en rapetissant tout , en transformant tout en «  faits divers », hyper localisés, en nous imposant une marche du monde, où tout se passe comme si nous étions dans la coquille d’un minuscule escargot. Des interview aux coins des rues, des images sélectionnées, des commentaires stéréotypés répétés cent fois par jour , accroissent paradoxalement, notre ignorance de la véritable marche du monde. C’est dommage, car nous aurions pu , humains, évoluer bien différemment.

Alors il ne nous reste plus qu’à nous adapter, c’est la spécificité et la force de l’espèce humaine !

Dès qu’une minuscule info hyper localisée, enfle, démesurément jusqu’à monopoliser notre quotidien, il est simple de reculer, reculer, zoomer en arrière, au minimum à l’échelle de l’humanité, de la terre comme on la voit quand on se promène sur la lune au coucher du soleil.

Alors une musique nouvelle commence à nous parvenir…

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