Voir mon article précédent !
Nous sommes en 1179, la question posée est claire: quelles sorte de solution as-tu trouvé par l’illumination et l’inspiration divine, est-ce identique à ce que nous dispense à nous la spéculation ?
Averroès, en tant que philosophe, juriste et médecin, parle évidemment de réponse à ses recherches métaphysiques au rapport entre révélation et raison, à son approche spéculative de la création qu’il a essayé d’explorer dans son « discours décisif » écrit en 1179.
La réponse du jeune Ibn Arabi basée sur des intuitions fulgurantes tombe comme un couperet: ..« Oui et non. Entre le oui et le non les esprits prennent leur vol hors de leur matière, et les nuques se détachent de leur corps. »
Que veux dire par cette phrase Ibn Arabi ?
A mon humble avis, entre le oui et le non, il y a notre mort, le moment où les âmes quittent les corps qui les avait hébergés un petit moment pour une expérience du monde relatif. Car en réalité ce sont les âmes qui ont, pour un petit moment, c'est a dire la durée de vie des êtres vivants, des corps et non les corps qui ont des âmes! Et c’est pour cela que l’approche spéculative d’Averroès se heurtera éternellement à la contrainte de la mort.
Et cela explique sa brutale prise de conscience de sa limitation irréductible en tant qu’être humain et sa conclusion : " Il n'y a de force qu'en Dieu", la fameuse " Hawqala," la phrase rituelle de reconnaissance d'une limite absolue fixée à l'humain, d'une limite plus radicale que celle de la vitesse de la lumière ! Nous sommes tous, ici et maintenant, confrontés à cette limite : la durée de survie possible de cet extraordinaire conglomérat biologique que constitue notre corps ! Averroès, il y a 8 siècle ne pouvait avoir cette approche du problème, mais il était déjà un précurseur des "philosophes des Lumières ! "
Henri d’Arras le 18 mai 2026


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